Propagation | Dominique Hermier
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Dominique Hermier

vous nous dites quelques mots à propos de vous ?

Je suis ce qu’on appelle un slasher, c’est très à la mode, ça fait référence à quelqu’un qui exerce plusieurs activités qui se complètent. Mon activité principale c’est graphiste, celle qui me nourrit depuis 27 ans, photographe et illustrateur c’est venu en complément. C’est rentré dans un sens global, presque philosophique de la vie. Faire ce qu’on aime, sans que ce soit ni dévorant ni que ça vienne risquer d’éteindre cette passion. Quand on travaille trop sur commande, on n’a plus le temps de gérer ses propres projets.

« Réussir à trouver un équilibre entre passion et métier c’est toute la complexité. »

 

Je peins, j’écris, je conçois des meubles recyclés, je mets en place des concepts à développer, je fais beaucoup d’illustrations, je fais un petit peu de bande dessinée, et je fais de la photographie depuis dix ans. Mon univers est large, les contours sont flous, j’essaie de laisser de plus en plus de place pour mes projets personnels, qui viennent alimenter le book et l’expérience. Ça génère aussi des contacts, que je n’aurais pas forcément trouvé autrement que comme ça.

votre parcours en quelques points, ça donne quoi ?

Pour faire court j’ai fait deux ans d’études aux Beaux Arts, à l’époque où l’informatique n’existait même pas, ou à peine. J’ai fait un stage en agence de communication sur Paris, en me disant «le jour ou j’ai un outil parfait pour pouvoir exercer, je me lance».

Le tout premier Macintosh est arrivé, en 90’, et j’ai donc démissionné de mon boulot qui était purement alimentaire. À côté je faisais déjà beaucoup d’affiches pour les copains, des logos, des illustrations.

« J’ai commencé à exposer des toiles vers 16 ans, je m’y suis donc pris très tôt! à 9ans je savais déjà ce que je voulais faire dans la vie, et c’était vivre de l’image! J’en n’ai jamais démordu, et j’en vis depuis 27 ans! »

 

quels sont les étapes clés de votre carrière ?

Ça a toujours été des mains tendues, une rencontre ouvre souvent une porte. Un peu comme une rencontre amoureuse, on peut croiser son grand amour au coin de la rue, et la seconde d’avant on ne sait pas qu’on va le rencontrer. Sans citer de nom il y a eu quelques personnes importantes, qui ont changé ma vie. La première ça a été mon professeur de dessin qui a cru en moi et qui m’a vraiment aidé à persévérer. Il m’a appris la discipline, le courage, à encaisser les critiques négatives.

« Toutes les personnes que j’estime importantes au cours de ma vie sont des personnes qui ont vu un potentiel en moi que je n’avais pas vu moi même. »

 

Ne pas être talentueux c’est pas très gênant, ce qu’il faut c’est rencontrer des gens, se faire connaitre le plus possible et que dès que les gens vous font confiance il faut creuser ce sillon là en travaillant beaucoup pour arriver au niveau le plus élevé possible. La crédibilité ce sont les autres qui la voient en vous, avant vous même.
C’est donc les autres qui décident si vous êtes bon ou pas. Encore maintenant je n’arrête pas d’apprendre.

la vocation d’artiste, ça a été bien pris par votre entourage ?

Dans ma génération ce n’était pas les enfants qui choisissaient leur métier, c’était plutôt l’inverse. Mes parents m’imaginaient comptable. Je me suis heurté à beaucoup d’obstacles, mes parents ont mis beaucoup d’énergie à essayer de me dissuader. À côté de ça mon professeur d’art me disait qu’il y avait de la place pour ceux qui veulent vraiment faire ça.

« Et c’est vrai, si tu le veux absolument tu vas y arriver. »

Des années plus tard, j’avais monté une société avec un associé, ça commençait à marcher on avait des employés, des gros marchés, et mon père a vu ce petit succès arriver. Il s’est excusé de ses propos car il me voyait comme un poisson dans l’eau. Il voulait me préserver, pour ma sécurité, alors qu’en fin de compte je n’aurais pas été heureux comme ça.

« Il faut écouter ceux qui sont du métier, mais pas ceux qui sont extérieur, ça les renvoit à leurs propres peurs, leur incapacité à créer des choses, à avancer en terrain inconnu. »

Alors que les professionnels peuvent détecter votre appétit pour tout ça, et voient si vous êtes fait pour ça !

vous définiriez ça comment un artiste ?

C’est quelqu’un qui a une démarche artistique personnelle, et qui la déroule. Son œuvre le précède, et il y répond. Un graphiste est à l’antipode de ça, il va faire les choses de manière artistique, mais il ne sera pas pour autant Artiste.

« On ne décide pas soi même si on est artiste ou pas, ce sont les autres qui décident de vous estampiller artiste»

Un artiste marque son temps, il laisse une empreinte.

est-ce que selon vous la sensibilité à l’art peut se développer chez tout le monde ?

Non ! Je ne crois pas. Si on parle de l’art qu’on consomme, d’aller au musée, de faire de la pâte à modeler oui tout le monde peut le faire.

« Est-ce que c’est ça, est ce que tout le monde a quelque chose en lui d’artistique, non je ne pense pas. »

Si on était très optimiste oui, mais quand je rencontre des huissiers de justice, certains policiers ou des élus ils n’ont pas du tout ne serait ce qu’une notion de ce qu’est l’Art en général. Pour eux ça se résume à Monnet, De Vinci, deux trois trucs connus et puis c’est tout, ils sont loin de se douter que des artistes contemporains vivent de leur art.

 

quelles sont vos plus fortes inspirations ?

J’aime bien faire de la photographie de rue, alors par exemple Cartier Bresson ou Doisneau m’ont beaucoup influencé. En voyant leurs travaux, ça m’a donné de l’élan, ça m’a mis le pied à l’étrier.
Pour le graphisme, j’étais assez admiratif de Speedy Grafito, dans le domaine du graff et du lettrage, qui m’a beaucoup influencé.
Les sources d’influence au quotidien il y a beaucoup d’internet, (Behance, Pinterest, Tumblr, Facebook), qui influence énormément. Des magazines comme étapes qui est comme une bible pour moi, Stratégie à une époque. J’écoute aussi tous les jours de la musique, ça me permet de m’échapper du quotidien et laisser vagabonder mon esprit, et donc de trouver des influences.
Je vais beaucoup aux expositions, au théâtre, aux concerts, festivals, tout ce qui peut nourrir.

« Un simple magazine chez le dentiste peut nourrir en fait ! Le rôle du graphiste c’est d’inventer, mais c’est quand même souvent le télescopage de plusieurs idées pour arriver à quelque chose qui n’a pas encore été fait. »

Une discussion peut aussi donner des idées, et c’est important de connaître le travail des autres, les tendances, et de se positionner par rapport à ça.

quelles ont été vos premiers sujets de photographie ?

J’ai dû commencer par le portrait tout bêtement, mes amis, voilà mes premières recherches personnelles. Et après c’est très divers, puisqu’à partir du moment où on exprime le souhait de faire des photographies c’est très large, on part en voyage on fait une série de photographies, on va avec des copains faire une sortie photographies, etc. Sinon ça fait 7-8 ans que je fais des photographies d’urbex, tous les ans j’ai de nouveaux lieux, de plus en plus loin, c’est une occasion de créer du souvenir et de partir à la pêche aux photographies.

« Mes deux grandes séries sont : photo de rue, et urbex. C’est ce que j’aime exposer. »

quels sont vos outils de prédilection ?

Tous les outils traditionnels, aquarelle, craie, bombe aérosol, marqueur, fusain, etc. J’aime utiliser ces outils, je les utilise tout le temps. On peut produire un original, et j’avoue que je trouve ça bien. Sinon je travaille sur informatique. Pour les prochains équipements j’aimerais acheter une tablette graphique, j’en avais une et je trouvais ça génial. Je pense que ça me fera gagner en productivité, ce sera l’extension de mon bras et ça me permettra de varier les plaisirs.

« C’est important d’avoir des nouveautés dans ses outils, pour pouvoir faire évoluer son style. »

 

y a-t-il un message récurrent que vous essayez de faire passer dans vos photographies ?

Oui, ça dépend du sujet mais par exemple pour la photographie de rue ce qui m’intéresse le plus c’est l’insolite au quotidien. Par exemple des gens qui passent tous les jours au même endroit mais n’ont pas vu que tel ou tel élément est complètement insolite.

 

« Le photographe sert à révéler, a souligner une situation qui peut être absurde, soit des éléments de décor ou des gens, qui semblent fantaisistes, absurdes, surréalistes, etc. »

Détecter la partie insolite, c’est mon thème.
J’ai un sac à dos, et mon appareil photo où que j’aille, au même titre que mon cahier et mes crayons, pour pouvoir produire dans l’instant.

pratiquez-vous la retouche informatique ?

Oui beaucoup, je connais Photoshop sur le bout des doigts! Certaines de mes photographies sont très retouchées, c’est même le but. On sort du cadre de la photographie pour rentrer dans le cadre du «photographisme». Il faut 8 heures pour retoucher certaines photos, pour les photos de rues c’est cinq minutes.

qu’apporte le graphisme à la photographie, et vice versa ?

« La photographie vient nourrir le travail du graphiste, c’est pour moi un parfait complément. »

Le fait de s’exercer à la photographie ça permet déjà de ne pas s’ennuyer dans le graphisme. Dans le cas de l’illustration ou de la photo tout est une question de cadrage, le reste c’est de la technique. Avant toute chose on cadre, comme si notre œil était l’appareil, puisque l’œil se focalise sur un détail. Travailler sur les couleurs c’est aussi intéressant.

quels sont vos projets à venir ?

Une bande dessinée, pour l’instant j’en suis à l’écriture j’en ai au moins pour 4 ans. Sinon Ikex 2, qui est un «mash-up» entre les photos d’urbex et le catalogue Ikea. Je me suis dit que ce serait génial de faire un catalogue avec des lieux complètement pourris, des meubles pourris, avec des prix et des jeux de mots débiles.

« J’aime beaucoup le côté fantaisie, le non sens, les situations impossibles.»

J’ai aussi un projet d’imprimerie, je voudrais créer mes propres t-shirts, avec des dessins créés spécialement pour ça, en mono-teintes, acheter le matériel de sérigraphie pour pouvoir faire des séries très limitées, mais avec une grande variété de sujets.
Sans vouloir faire de l’argent, je voudrais me faire plaisir en explorant. Sinon je rêvais d’un combi Volkswagen, et là il est garé dans ma cour ! Je vais l’aménager, et le transformer en «photomaton roulant», et pourquoi pas le louer à des vins d’honneur pour des mariages, ça va être marrant ! Je vais aussi faire des ateliers caricatures itinérants, tous les gens qui passent auront le droit à leurs caricatures gratuitement. On peut tout imaginer autour de ça, comme une sorte de mascotte!

cet artiste multi-casquettes n’a donc pas fini de nous régaler avec ses productions diverses, variées, mais aussi et surtout de qualité ! vous pouvez retrouver ses travaux sur plusieurs plates-formes :